Papouasie : étudier les derniers territoires secrets

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Expédition LENGGURU / KAIMANA 2010

Du 3 octobre au 19 novembre

Bateau, marche à pied, camps de base, “spéléo” : une quarantaine de chercheurs français et indonésiens se lancent dans une aventure extrême et partent à la découverte de l’une des régions du monde les moins connues d’un point de vue biologique, archéologique et géographique. Pendant sept semaines, le massif de Lengguru, en Papouasie-Occidentale, fera l’objet d’une campagne scientifique organisée par l’IRD, l’association Caracol et le bureau d’étude CENOTE dans un éden de la biodiversité.

Au carrefour de l’Asie, de l’Australie et du Pacifique, cette expédition pluridisciplinaire devrait offrir de spectaculaires découvertes sur la faune aquatique, les cavités souterraines et leurs réseaux d’eau de taille considérable ainsi que sur les grandes migrations humaines autour de ce point de passage incontournable.

Une importante logistique sera déployée afin de mener à bien les investigations dans cinq zones de ce vaste bout de terre sauvage de la taille du massif du Vercors. Cette aventure scientifique, dans un contexte général d’érosion massive de la biodiversité planétaire, sera parallèlement l’occasion d’impliquer les élèves et professeurs des écoles, collèges et lycées par des échanges quotidiens avec les scientifiques via le blog de l’expédition et des liaisons téléphoniques en direct de Nouvelle-Guinée.

Massif de Lengguru : un tourbillon de vie de plusieurs dizaines de millions d’années

La Nouvelle-Guinée, la deuxième plus grande île au monde après le Groenland, est située à l’extrémité Est de l’archipel indonésien. La Papouasie, qui correspond à la moitié occidentale de la Nouvelle-Guinée, est la plus grande province d’Indonésie avec un patrimoine naturel d’une grande richesse et dans un état de préservation exceptionnel.

Le massif karstique de Lengguru, zone d’étude de l’expédition, se situe dans la région de Kaimana sur l’isthme de la Péninsule de la Tête d’Oiseau. “Ce lieu est une ‘usine’ à biodiversité !” souligne le Dr. Laurent Pouyaud, chercheur à l’IRD et coordinateur France de l’expédition, “aux mouvements tectoniques, où chaque morceau de croute a mêlé sa biodiversité aux autres, s’ajoute une localisation géographique unique au monde représentant le seul lieu de passage lors des échanges de faune et lors des migrations des peuplements humains entre l’Asie et l’Australie !”.

Issus de la confrontation des plaques Australienne, Pacifique et Asiatique, les processus multiples d’accrétion, de subduction et de surrection, couplés à une érosion intense liée aux fortes précipitations de cette région, ont façonné un assemblage complexe d’écosystèmes extrêmement diversifiés et pour la plupart isolés par des reliefs rugueux. Abritant ainsi une mosaïque d’habitats à l’origine d’une biodiversité unique, l’île de Papouasie-Nouvelle-Guinée présente ses massifs karstiques sur toute sa longueur ; ils sont documentés pour leur rôle moteur dans les processus d’évolution biologique et de régulation des systèmes hydrologiques.

En d’autres termes, ces milieux très particuliers sont considérés comme de véritables “laboratoires” d’étude de la biodiversité non seulement pour les écosystèmes strictement souterrains mais aussi pour les effets de l’isolement biogéographique des écosystèmes de surface. Plus globalement, les plus récentes estimations indiquent que la Papouasie abrite :

  • au moins 25.000 espèces de plantes vasculaires
  • 164 espèces de mammifères
  • 329 espèces de reptiles et d’amphibiens
  • 650 espèces d’oiseaux
  • 250 espèces de poissons d’eau douce
  • 1200 espèces marines
  • plus de 150.000 espèces d’insectes.

Par ailleurs, plus des deux tiers des espèces de coraux connues sont présents dans les lagons et les nombreux archipels de Papouasie.

Une aventure scientifique extrême et pluridisciplinaire

Archéologie, Géologie, biologie, paléontologie, hydrologie, topographie, systématique : La compréhension de la dynamique évolutive des massifs de Lengguru et de leur rôle structurant sur la biodiversité a pour mérite de favoriser une approche intégrative entre les sciences de la Terre, de la Vie et de l’Homme. Chaque domaine de recherche ira donc enrichir les autres champs disciplinaires afin d’apporter la vue la plus large possible sur ces écosystèmes si spécifiques et mal connus.

D’une superficie de 4.000 km2 ce massif est géologiquement très jeune puisqu’il s’est mis en place entre 11 et 3 millions d’années. Il se caractérise par une alternance de reliefs spectaculaires de plus de 1.000 mètres d’altitude et séparés par des bassins continentaux qui ne se déversent jamais dans un océan. L’ensemble du massif est plissé et parcouru par d’importantes failles. Situé à l’interface de quatre écorégions à fort endémisme, le massif de Lengguru occupe une position biogéographique privilégiée, offre des panoramas inédits et de nombreux trésors sur les origines de l’homme.

Un avenir partagé

Le projet Lengguru-Kaimana 2010 s’appuie sur un partenariat de longue date tissé entre l’IRD et plusieurs institutions indonésiennes notamment en archéologie 1 et en ichtyologie 2.

Cette mission est l’étape préparatoire préalable et indispensable à un programme de recherche pluriannuel de grande envergure qui se traduira par un approfondissement ciblé et un élargissement du champ d’étude sur la base des prospections de 2010.

Ce programme offrira des collaborations durables, l’émergence d’itinéraires de formation et d’encadrement ainsi que la mise en place de plateformes techniques.

Outre les aspects scientifiques, un programme pédagogique impliquera des élèves du Lycée du Pflixbourg (Haut-Rhin) et du Lycée International Français de Jakarta (Indonésie). Ce programme pédagogique s’inscrit dans les objectifs de l’année internationale pour la Biodiversité.

Partenaires

IRD, Caracol, Cenote
Avec le soutien de :

  • FRB Sélectionné pour sa qualité scientifique, ce programme de recherche a bénéficié du soutien de la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité au titre de « projet innovant 2009 ». En janvier 2010, la FRB a financé 53 « projets innovants », permettant ainsi de tester des démarches scientifiques originales ou de préparer des équipes de recherche au montage de projets de grande envergure.
  • MNHN
  • Colas
  • Veolia
  • AV
  • expé
  • Scurion
  • Peguet

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(1) ARKENAS

(2) CA, Research Center for Aquaculture ; APSOR, Académie des Pêches de Sorong ; LIPI, Institut Indonésien des Sciences

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